Vouloir partir ... pourquoi ?

Publié le par el_boliviano

   Je vous exposais en effet le fait que je voulais partir, quitter le Nord pour vivre ailleurs. C'était bien entendu pour les études, mais au-delà de cela, c'était pour gagner de la liberté, vivre enfin ma vie, une vie normale quoi. Il est vrai que (sans me plaindre à outrance, la misère du monde étant toute autre et frappant d'autres personnes que moi) chez moi, enfin chez mes parents, c'est pas évident de bouger, sortir ... tout est limité, voire prohibé (si ce ne l'est pas dit officiellement, les attitudes le montrent !) ... vous pensez sans doute que c'est grave, que je suis cinglé, fou ... mais malheureusement, c'est comme ça, et ça l'est toujours été ! 
   Mon tempérament timide ne m'a pas facilité la tâche il faut dire ! J'ai toujours eu le sentiment d'être seul. Ce sentiment est différent du fait de la non-intégration, mais juste que voilà, j'avais l'impression (et je la garde encore) que mes camarades de classe avec lesquels je m'entendais le mieux ne restaient que des camarades ... que le seuil de l'amitié n'était pas franchi ... Qu'est-ce que l'amitié ? Qu'est-ce qu'un ami ? Il est vrai que j'habitais assez loin du collège-lycée, donc c'était pas forcément évident pour moi de participer aux sorties qui étaient éventuellement organisées, et pour lesquelles j'avais pu être convié. Un autre frein était aussi mes parents ... (mais bon, ça semble assez facile de rejeter la faute toujours sur les mêmes personnes ^^). Je suis compliqué, et ces questions se posent toujours en moi ... mais cela n'est qu'un maudit cercle vicieux ... "on est dans une classe" - "des sorties sont organisées ... au début on est invité" - "on decline une fois, deux fois, trois fois ..." - "on a cette réputation, donc on est mis à l'écart" : et voilà ! Et comme j'ai eu la bonne idée de "couper les ponts" avec mes deux amis d'enfance, deux seules personnes qui étaient à cette époque, "hors bahut", bah mes seuls liens possibles étaient ceux de l'école ^^ Donc voilà, comment rester, se morfondre dans sa solitude ... du lycée, je garde contact avec certaines personnes, des gens qui valent le coup pour moi, et qui veulent également continuer à garder un minimum de contact avec moi (bah ouais, tout le monde ne veut pas ...).

   A mon entrée à la FAC, j'ai décidé de me reprendre en main, et de pouvoir m'extérioriser, changer mon attitude avec les autres, oser davantage ... j'ai en fait eu beaucoup de chance ! Comme je disais dans un autre article, on était peu nombreux dans cette classe, ce qui fait que tout le monde se cotoyait et que l'effort n'était pas bien difficile ! Quel bonheur de faire ma première sortie "de nuit" ... ma première soirée ... et pour couronner le tout, ma première soirée entière avec dodo là-bas ... je me ridiculise sans doute, mais c'est comme cela ! Et puis j'ai eu la chance de me sentir apprécié, intégré dans un petit groupe ... que je comptais pour quelques personnes ... c'était peut-être déjà le cas dans le passé, mais je ne m'en rendais pas compte de cette manière. Ce qui rend la fin d'année difficile, et le changement de filière délicat ... surtout dans le droit, où on se retrouve 600 dans l'amphi, pour la plupart qui se connaissent déjà depuis un an (pour quasi tous ...). Ca s'est ressenti ... en effet, j'ai passé quelques semaines des plus terribles (encore une fois, à notre échelle ... nous ne sommes pas menacés par une bombe toutes les heures, donc les soucis ne sont pas les mêmes ;)), du fait de toutes ces questions que j'ai pu me poser ... et du fait de ma "solitude sentimentale" depuis tant d'années également ... Faire un bilan de sa vie est nécessaire, mais peut s'avérer cruel ... Ca fait mal de voir des groupes d'ami(e)s prévoir des soirées, des sorties, quand on sait qu'on va rester dans son coin, dans sa chambre, devant un malheureux PC ... De voir des couples s'embrasser avec fougue, quand nous, bah ... nous sommes seuls ... Un manque est présent, des questions se posent, le temps passe, rien ne s'arrange, on sombre, on perd espoir ...

   Je retiendrai pour cela une citation d'Albert  Jacquard, auteur que j'ai déjà pu citer dans l'une de mes chroniques : "Solitude : c'est le même mot pour deux situations opposées, la solitude subie, la solitude désirée.
La première est dramatique ; j'ai besoin des autres, et personne n'est là. Je suis comme un feu qui meurt étouffé, faute d'oxygène.
La seconde est, à certains moments, nécessaire pour retrouver la cohérence de tous les matériaux qui se sont accumulés, pour renouer des fils, pour se préparer à de nouvelles rencontres. Cette solitude choisie peut être aussi, elle-même, l'occasion d'une rencontre : c'est tout le miracle de la lecture ; quel bonheur que d'entendre Montaigne nous faire des confidences !"


   Alors si je voulais partir, c'était pour recommencer dès le départ ... avoir de la liberté (toutefois, une amie de l'année passée, qui vivait seule sur Lille, a pu me confier, et me confirmer, qu'il était extrêmement difficile de passer d'un monde "oppressé" à une vie "plus libre"), pouvoir grandir, évoluer, se manger des claques, prendre de l'indépendance, avoir de plus en plus de responsabilités ... Quitter le foyer familial peut être source de problèmes, d'inconvénients, mais ce qui en ressort derrière ne peut être que positif ... du moins selon moi ^^

   J'ai sans doute dépassé le sujet initial, mais j'ai pu vous exposer quelques bribes de la vie surprenante d'un individu pas comme les autres ...

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Publié dans Pensées

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G
Le départ est salvateur à condition de le vouloir réellement et de franchir le pas définitivement...et surtout de savoir pourquoi partir et pour trouver quoi au final.<br /> <br /> Perso j'ai quitté le nord, et je ne me sens bien que dans le nord. Bizarre, non ?<br /> <br /> Je pense qu'une discussion avec ton entourage s'impose et que tu devrais lire "le sens du bonheur", de Krishnamurti, un sage indien (rien à voir avec une secte, rassure-toi ;) ).
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E
<br /> Je le voulais ... je ne l'ai pas obtenu ...<br /> Il est sûr que ça allait être très difficile au début, histoire de s'habituer à une nouvelle ville, un nouveau climat, une nouvelle ambiance, seul dans ce monde ... une nouvelle vie. Mais ça aurait<br /> pu être un super challenge, et quoi de mieux pour grandir que d'évoluer ?<br /> Ca m'aurait permis de repartir de zéro (enfin j'suis pas loin du zéro dans le Nord ^^), de repartir sur de nouvelles bases, pas forcément plus saines, mais dans mon esprit des bases qui allaient me<br /> faire le plus grand bien, en gagnant de la liberté notamment ^^ En me mangeant des claques bien sûr, mais le jeu en valait la chandelle, j'en suis certain !<br /> La discussion je l'ai eue, j'ai pu mettre au point certaines choses, en étant bien aidé également ... certaines choses sont en train de changer, et c'est tant mieux, mais bon, seul l'avenir nous le<br /> dira !<br /> <br /> @+<br /> <br /> <br />