Déjà 10 ans !
On en parle partout, mais finalement, on ne s’en lasse pas … il y a dix ans jour pour jour, le pays tout entier sombrait dans la joie la plus totale, et pour cause, l’Equipe de France de football réussissait l’exploit de battre le champion du monde en titre brésilien, et remportait SA Coupe du Monde à Saint-Denis, au Stade de France, inauguré quelques mois auparavant.
C’était une autre époque, un autre siècle, un temps où le football n’était pas autant rempli d’argent comme aujourd’hui, un jour où les footballeurs ne pensaient pas encore à leur image de star et aux négociations pour les contrats publicitaires, du moins en France. Le groupe de 22 joueurs avait été contesté, Aimé Jacquet a terriblement souffert des critiques de tout l’horizon médiatique … il a réussi son pari, en menant, le 12 juillet 1998 ses troupes devant 80.000 spectateurs dans cette enceinte magique. Tout cela après une campagne parfaite, ou presque, ponctuée par trois victoires dans la phase de poules (Afrique du Sud 3-0 ; Arabie Saoudite 4-0 ; Danemark 2-1), se permettant même d’envoyer les « coiffeurs » face aux Danois (seuls les portiers Bernard Lama et Lionel Charbonnier n’auront pas joué une minute durant la compétition).
La suite, on la connait … un match stressant à Bollaert en 1/8e de finale face au Paraguay, sans Z. Zidane, stupidement expulsé face aux Saoudiens, et Laurent Blanc qui « sauve la maison », pour reprendre l’expression du Monsieur Foot de TF1 de l’époque, Thierry Roland, dans les prolongations en marquant le but en or sous le chaud soleil lensois, le jour de l’anniversaire de son ami, Fabien Barthez.
On retrouve les deux hommes dès le prochain match, face à la Squadra Azzura … un geste qui deviendra culte, voir Laurent Blanc embrasser le crâne chauve de son gardien. Culte comme la séance de tirs au but … cette fois-là, c’est le tir de Dino Baggio qui s’écrasa sur la barre transversale. Barthez avait arrêté auparavant la tentative d’Albertini, permettant aux Bleus de maintenir l’égalité après l’échec de Lizarazu devant Pagliuca. Après un nouveau match tendu et équilibré, l'Equipe de France se met à croire, en même temps que ses millions de supporters, qu'elle peut réussir quelque chose de grand !
Eh oui Fabien, le public français aura le droit de soutenir son équipe en demi finale ! Ce match, ce dernier match avant la dernière marche, se joue face à une surprenante équipe de Croatie, emmenée par son buteur Davor Suker. C’est cet homme qui profitera d’une erreur de Lilian Thuram au début de la seconde période pour ouvrir le score en faveur des Croates, qui ont éliminé notamment l’Allemagne 3-0 pour arriver à ce stade. Mais c’est sans compter sur la hargne de Thuram ! Le défenseur, qui n’avait jamais marqué pour les Tricolores inscrira deux buts, et poussera les portes de la finale ! Seule ombre au tableau … l’expulsion injuste de Blanc, victime d’une simulation de Bilic (qui est d’ailleurs sélectionneur de cette équipe à l’heure actuelle, qui a fait un parcours honorable lors de l’Euro 2008). Le « Président » sera donc suspendu pour le match suivant …
Il sera donc remplacé par Franck Lebœuf pour ce match face au Brésil. Tout aura réussi aux Français ce soir-là … Barthez était impeccable dans ses cages, écœurant Ronaldo et ses troupes par ses prises de balle parfaites et ses arrêts réflexes venus d’ailleurs, un milieu de terrain royal, composé de Deschamps, Karembeu, Petit et Zidane. « Zizou » montrera l’étendue de son talent sur certaines actions, talent pas encore arrivé à maturité, mais qui lui permettra d’inscrire un magnifique doublé sur deux têtes, consécutives à deux corners, tirés par Petit (27’) puis Djorkaeff (45’). Le dernier but sera l’œuvre de Petit, sur une contre attaque fatale dans les toutes dernières secondes menée par Dugarry puis Vieira. A noter que Desailly avait été expulsé …
Suite à cela, nous n’oublierons pas les frasques connues de Roland … « on peut mourir tranquille », « quel pied, ah quel pied, oh putain ! » … Les Français sont descendus dans la rue pour fêter ce titre tant espéré, tant attendu. L’espace d’une soirée, chacun a oublié ses problèmes, chacun a passé un moment inoubliable. Qui ne se souvient pas de ces images ? Qui ne se souvient pas de l’endroit où il était pour voir ce match ? A titre personnel, je venais d’avoir 9 ans, et j’étais en famille du côté paternel, pour une soirée pleine d’émotions, dans la joie et la bonne humeur, avec quelques anecdotes qui resteront … Nous avions regardé le match, non pas sur TF1, mais sur Canal+, avec le regretté Thierry Gilardi aux commentaires !
Pour la société, ce fut le début d’une mode … la mode « Black-Blanc-Beur ». Quelque chose qui malheureusement ne tiendra pas beaucoup de temps dans le mode de vie. Les Français ont besoin de quelque chose de fort pour leur remonter le moral. Des émotions fortes comme celles que peut procurer le football se font rares … la performance tricolore en 2006 pour la Coupe du Monde en Allemagne n’est qu’illusoire. Pourtant, on a bien vu en 1998 et deux ans plus tard, en 2000, après la victoire finale de l’Euro en Belgique et aux Pays-Bas, que les Français n’attendaient que cela pour se réunir et fêter quelque chose. Un moyen de faire le vide, de penser à autre chose, de sortir de la routine …
Alors, messieurs les footeux, donnez-vous à fond pour les grands événements … tout le monde en sortira gagnant ! Vous, avec vos primes mirobolantes, et nous, en vibrant devant vos performances ! Pour qu'on revive de tels moments, et pour pouvoir avoir d'autres anniversaires à célébrer que ce 12 juillet 1998.
Vous pouvez retrouver un résumé ici. La qualité de l'image laisse à désirer, mais le son rappelle de bons souvenirs.
C’était une autre époque, un autre siècle, un temps où le football n’était pas autant rempli d’argent comme aujourd’hui, un jour où les footballeurs ne pensaient pas encore à leur image de star et aux négociations pour les contrats publicitaires, du moins en France. Le groupe de 22 joueurs avait été contesté, Aimé Jacquet a terriblement souffert des critiques de tout l’horizon médiatique … il a réussi son pari, en menant, le 12 juillet 1998 ses troupes devant 80.000 spectateurs dans cette enceinte magique. Tout cela après une campagne parfaite, ou presque, ponctuée par trois victoires dans la phase de poules (Afrique du Sud 3-0 ; Arabie Saoudite 4-0 ; Danemark 2-1), se permettant même d’envoyer les « coiffeurs » face aux Danois (seuls les portiers Bernard Lama et Lionel Charbonnier n’auront pas joué une minute durant la compétition).
La suite, on la connait … un match stressant à Bollaert en 1/8e de finale face au Paraguay, sans Z. Zidane, stupidement expulsé face aux Saoudiens, et Laurent Blanc qui « sauve la maison », pour reprendre l’expression du Monsieur Foot de TF1 de l’époque, Thierry Roland, dans les prolongations en marquant le but en or sous le chaud soleil lensois, le jour de l’anniversaire de son ami, Fabien Barthez.
On retrouve les deux hommes dès le prochain match, face à la Squadra Azzura … un geste qui deviendra culte, voir Laurent Blanc embrasser le crâne chauve de son gardien. Culte comme la séance de tirs au but … cette fois-là, c’est le tir de Dino Baggio qui s’écrasa sur la barre transversale. Barthez avait arrêté auparavant la tentative d’Albertini, permettant aux Bleus de maintenir l’égalité après l’échec de Lizarazu devant Pagliuca. Après un nouveau match tendu et équilibré, l'Equipe de France se met à croire, en même temps que ses millions de supporters, qu'elle peut réussir quelque chose de grand !
Eh oui Fabien, le public français aura le droit de soutenir son équipe en demi finale ! Ce match, ce dernier match avant la dernière marche, se joue face à une surprenante équipe de Croatie, emmenée par son buteur Davor Suker. C’est cet homme qui profitera d’une erreur de Lilian Thuram au début de la seconde période pour ouvrir le score en faveur des Croates, qui ont éliminé notamment l’Allemagne 3-0 pour arriver à ce stade. Mais c’est sans compter sur la hargne de Thuram ! Le défenseur, qui n’avait jamais marqué pour les Tricolores inscrira deux buts, et poussera les portes de la finale ! Seule ombre au tableau … l’expulsion injuste de Blanc, victime d’une simulation de Bilic (qui est d’ailleurs sélectionneur de cette équipe à l’heure actuelle, qui a fait un parcours honorable lors de l’Euro 2008). Le « Président » sera donc suspendu pour le match suivant …
Il sera donc remplacé par Franck Lebœuf pour ce match face au Brésil. Tout aura réussi aux Français ce soir-là … Barthez était impeccable dans ses cages, écœurant Ronaldo et ses troupes par ses prises de balle parfaites et ses arrêts réflexes venus d’ailleurs, un milieu de terrain royal, composé de Deschamps, Karembeu, Petit et Zidane. « Zizou » montrera l’étendue de son talent sur certaines actions, talent pas encore arrivé à maturité, mais qui lui permettra d’inscrire un magnifique doublé sur deux têtes, consécutives à deux corners, tirés par Petit (27’) puis Djorkaeff (45’). Le dernier but sera l’œuvre de Petit, sur une contre attaque fatale dans les toutes dernières secondes menée par Dugarry puis Vieira. A noter que Desailly avait été expulsé …
Suite à cela, nous n’oublierons pas les frasques connues de Roland … « on peut mourir tranquille », « quel pied, ah quel pied, oh putain ! » … Les Français sont descendus dans la rue pour fêter ce titre tant espéré, tant attendu. L’espace d’une soirée, chacun a oublié ses problèmes, chacun a passé un moment inoubliable. Qui ne se souvient pas de ces images ? Qui ne se souvient pas de l’endroit où il était pour voir ce match ? A titre personnel, je venais d’avoir 9 ans, et j’étais en famille du côté paternel, pour une soirée pleine d’émotions, dans la joie et la bonne humeur, avec quelques anecdotes qui resteront … Nous avions regardé le match, non pas sur TF1, mais sur Canal+, avec le regretté Thierry Gilardi aux commentaires !
Pour la société, ce fut le début d’une mode … la mode « Black-Blanc-Beur ». Quelque chose qui malheureusement ne tiendra pas beaucoup de temps dans le mode de vie. Les Français ont besoin de quelque chose de fort pour leur remonter le moral. Des émotions fortes comme celles que peut procurer le football se font rares … la performance tricolore en 2006 pour la Coupe du Monde en Allemagne n’est qu’illusoire. Pourtant, on a bien vu en 1998 et deux ans plus tard, en 2000, après la victoire finale de l’Euro en Belgique et aux Pays-Bas, que les Français n’attendaient que cela pour se réunir et fêter quelque chose. Un moyen de faire le vide, de penser à autre chose, de sortir de la routine …
Alors, messieurs les footeux, donnez-vous à fond pour les grands événements … tout le monde en sortira gagnant ! Vous, avec vos primes mirobolantes, et nous, en vibrant devant vos performances ! Pour qu'on revive de tels moments, et pour pouvoir avoir d'autres anniversaires à célébrer que ce 12 juillet 1998.
Vous pouvez retrouver un résumé ici. La qualité de l'image laisse à désirer, mais le son rappelle de bons souvenirs.
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